Le Sacré dans l'Alimentation

le 03 juin 2020

#alimentation

Affiche alimentation sacrée avec homme qui mange en état de gratitude

Lorsque j’écris ce titre, j‘ai l’impression d’écrire un pléonasme.
Pour moi, l’alimentation est sacrée.

Cet article a justement pour objet notre façon d'appréhender l’alimentation, et sur la façon dont on l’intègre dans le quotidien.
Il s'agit de rendre au cercle son sens vertueux et de revenir à notre véritable Nature : le sacré.
La nourriture est un moyen que l’on utilise en moyenne 3 fois par jour pour entrer en communion avec le monde, et avec la nature.


« Il n’y a que deux façons de vivre sa vie : l’une en faisant comme si rien n’était un miracle, l’autre en faisant comme si tout était un miracle. » - Albert Einstein

J’ai toujours beaucoup aimé cette citation qui montre comment la vie dépend directement de son observateur, de son enthousiasme, de sa conscience, et de sa présence.

Dans la même mesure où je pense qu'il est bon de voir l'invisible en tout (qui constitue plus de 99,99% de ce que l'on voit), je pense qu'il est juste de voir le Sacré en tout, de reconnaitre que la nature, qui n'est pas une entité séparée de nous, mais dont nous faisons entièrement partie, nous offre tout ce qu'elle a, et qu'il s'agit de nos jours de retrouver le lien avec la Nature, le lien avec toute chose, en fait.

 


Honorer la nature

Il est pour moi important d'honorer tout moment de vie, tout instant présent.
Lorsque l'on mange, il est donc important de remercier avant et après le repas pour ce qui se présente dans notre assiette. Il s’agit d’accueillir cette nourriture avec gratitude.

Il y a une différence immense entre prendre et recevoir.

Pour commencer, se rendre compte que l’on a affaire, à chaque fois que l’on mange, à un don que nous fait la Nature, cet être divin, est important.

Pour continuer, on peut même dire que l'on peut soi-même rendre sacré chaque repas.
On peut faire un parallèle avec le message de l’eau : il ne s'agit évidemment pas d'une superstition, mais d'un véritable accueil de la nourriture. 
L'action de sacraliser une chose a pour visée, chez les humains, de s'attirer les faveurs de cette chose, parce qu'ils ont le sentiment qu'elle les dépasse, ils se sentent petits et démunis et dont ils craignent certains effets. Ainsi, ce que les humains ont sacralisé en premier lieu pendant des siècles, c'est la nature.
Aujourd'hui, on est loin de se sentir démunis face à la nourriture ; notre société actuelle considère au contraire qu’elle nous est dûe, et que tout doit être rapide par dessus le marché.
La définition-même que nous donnons à la nourriture est mauvaise. Il s'agit de remplir notre ventre plutôt que notre âme, et il s'agit surtout de pallier à des charges émotionnelles trop lourdes.

En réalité, on pourrait répondre à ces questions en étant seulement dans le moment présent, et en se rendant compte du lien entre honorer, programmer et reconnaitre?
Quelque part, ces trois verbes peuvent avoir la même définition, ou en tout cas la même temporalité : il est important de faire les trois pour que l'alimentation retrouve toute sa dimension sacrée.
Encore une fois, la vie dépend de son observateur. Si celui-ci s'implique à chaque petit instant de sa vie, c'est toute sa vie qui en deviendra sacrée.


Un bénéfice pour la santé

Pourquoi ne pas passer par des rituels pour honorer les repas qui nous sont offerts? Ce serait une occasion d’embellir, d’être ensemble, de faire une communion, et de rendre de la beauté à l’univers.
Les moments de joie sont ceux qui nous rendent heureux, or, nous le savons bien, le bonheur a une place énorme dans la santé d'un être vivant.

Lorsque l'on se rend compte du caractère sacré de l'alimentation - des aliments et des boissons, il n'y a littéralement pas de place pour la gloutonnerie ou pour l'ivresse (article sur le bonheur, qui est notre véritable quête, et non le plaisir).
L’esprit de modération est aussi l’un des préceptes de tous les régimes reconnus bons pour une bonne santé, et pour la longévité.
Manger à 80% de sa faim permet de laisser l’espace nécessaire à une bonne digestion.
Rappelons-nous que nous sommes une âme dans un corps, et que nous devons avoir l'énergie nécessaire pour que celle-ci réalise sa vocation (il faut donc veiller à ne pas infliger à l'organisme le devoir de passer son temps à digérer).

Ce même esprit permet de triompher de ses désirs (encore une fois, lisez l'article sur le bonheur), et d’instaurer en nous une sensation de bien-être profond, irremplaçable avec la consommation d’un objet de convoitise.
La modération est en fait une attitude naturelle et spontanée des cultures traditionnelles qui considèrent appartenir à la Terre.
Nos « civilisations de l’outrance » (« la Terre nous appartient ») ont beaucoup à remémorer pour retourner au bon sens.
Il est temps de faire en sorte de retourner vers le cohérent, et d'arrêter de considérer l’incohérent comme une norme ou pire encore, comme une fatalité.
Il suffit de ralentir la démesure qui nous emporte parfois et voir le Beau dans la tempérance, qui donne force, légèreté et légitimité.

On retourne alors à un sentiment de satisfaction pour le coeur, l’esprit et l’intelligence.

Ainsi, il me parait important de parler pour finir de la lenteur inhérente au respect des choses sacrées.
Prendre son temps (particulièrement pour manger), c'est permettre son propre retour à la stature de Roi.
Lorsque l'on se nourrit, on se restaure, on se régale, en d'autres termes, on retrouve la plénitude (voir l'article sur bonheur pour comprendre que voir l'alimentation comme quelque chose de sacré est en fait une (la?) clé du bonheur)
Se restaurer, c'est retrouver sa totalité, c'est donc trouver la paix.

 

Le fait de s'alimenter trois fois par jour, je le répète enocre, est une occasion en or à saisir pour un recentrage profond de notre Être.
Ce moment permet de ressentir deux qualités merveilleuses de l'incarnation : l'amour et l'humilité.

Tout dans la manifestation renvoie à l’unité. Il s'agit de s'en rappeler, de l'observer, et de l'expérimenter.
Il suffit pour cela de louer, de reconnaitre la chance que l'on a, car, rappelons-nous en : nous sommes responsables de l'univers.


Pour approfondir :
・L'excellente interview de Jacques Antonin
Tout est important dans : les aliments que l’on choisit, la façon de les choisir, de les préparer, de les servir, de les consommer, de les digérer. Tout à ce propos est sur mon site sur l’alimentation, le Bienvivant)