Manuel du Bonheur

le 02 juin 2020

#bonheur #yoga

COUVERTURE DU LIVRE FICTIF LE MANUEL DU BONHEUR PAR LAURADIY

Le bonheur n’est-il pas ce que l’on recherche tous dans nos vies?
Ne vivons nous pas tous pour poursuivre cette même honorable quête?
Quelle est la véritable définition du bonheur?
Ne sommes-nous pas perdus dans notre poursuite?
Courrons-nous en fait après le « bon » idéal?

Il existe une locution latine, Summum bonum, « souverain bien », utilisée en philosophie pour décrire l'importance ultime, ou plus précisément l'objectif final recherché par tout être humain.
La summum bonum est généralement considérée comme une fin en soi.

Cette locution englobe indéniablement une dimension spirituelle, en ce sens qu’elle est liée aux interactions sociales : il s’agit en fait de faire un avec le monde.


Nous avons perdu le chemin : La quête des plaisirs entrave la quête du bonheur

« Le plaisir est le bonheur des fous. Le bonheur est le plaisir des sages » - Jules Amédée d’Aurevilly (1808 - 1889)

Dans notre société actuelle, ma foi pessimiste, il me semble juste de dire que nous confondons tristement plaisir et bonheur. Le plaisir est par définition de courte durée ; pour l’assouvir, on ne suit que son propre instinct, disons primaire. Il s’agit de la satisfaction d’envies (et non de besoins) matérielles, solitaires.

Si l’on regarde la composition de notre organisme, l’hormone du plaisir, la dopamine, et celle du bonheur, la sérotonine, sont différentes. Même si les deux types d’hormones « mangent » les hormones du stress, figurez-vous que les hormones du plaisir finissent par détruire les neurones.
 En stimulant en effet le système de récompense, on augmente la tolérance, et une fois que la tolérance est à son comble commence l’addiction.
Le travail du neuroendocrinologue Robert Lustig est édifiant. (voir ici)

La sérotonine, « l’hormone du bonheur » quant à elle, se développe lorsque l’on ressent de la plénitude. (le seul mot le prouve, on n’a pas besoin de remplir, de compenser pour la ressentir).
En aucun cas la sérotonine ne rend accro, et évidemment, elle ne tue pas les neurones.
Et comme elle n’est pas un excitant, on ne peut pas la surdoser :)

Mais il y a un hic : plus on crée de dopamine, plus le niveau de sérotonine peut baisser. En d’autres termes, plus on recherche le plaisir, plus on devient malheureux.
Ne rechercher que la succession de sensations plaisantes est la meilleure recette pour épuiser le corps, l’esprit, le mental, et l’âme, évidemment.

On confond eudémonisme et hédonisme.
L’eudémonisme (du grec : εὐδαιμονία / eudaimonía, « béatitude ») est une doctrine philosophique posant comme principe le fait que le bonheur est le but de la vie humaine. Le bonheur n'est pas perçu comme opposé à la raison, il en est la finalité naturelle. Ce lien entre raison et bonheur est particulièrement mis en avant par le stoïcisme mais se retrouve également dans d'autres courants philosophiques issus de l'époque hellénistique. Il se différencie de l'hédonisme, doctrine qui fixe le plaisir et non le bonheur comme but de la vie humaine.


Un chemin, pas un objectif?

Le bonheur est le but de tous les buts d’après des gens très biens, comme Aristote, ou encore le Dalaï Lama.
Il est selon moi une façon de vivre sa vie : on ne doit pas « que » le poursuivre.

La recette du bonheur

  • Il s’agit pour commencer de sortir de l'illusion du faux-bonheur.
    Commencer par se poser des questions est un excellent point de départ. Savoir ce que l’on veut en tant qu’individu, mais aussi en tant que société, et se rendre compte que nous formons un ensemble, dont il est important de se sentir partie intégrante, rend notre vision de cette réalité correcte, ce qui est capital pour notre liberté intérieure.
    Il ne s’agit pas d’être en euphorie perpétuelle, mais plutôt d’aller vers l’altruisme.

Si quelque chose nous relie tous, comme la quête du bonheur, c’est que chaque être vivant ne veut pas souffrir.
Pourquoi ne pas accorder de la valeur au bien-être des autres?
Il s’agit d’un comportement qui se construit au fil du temps, et qui pour le coup, est fonctionnel.
Cette construction sert à l’âme : celle-ci évolue alors dans un milieu humble (humus, la terre, l’humilité, qualité importante pour le bonheur - et qui n’a rien à voir avec l’humiliation). Elle se sent en force pour affronter les hauts et les bas de la vie.

« Le bonheur est né de l'altruisme et le malheur de l’égoïsme. » - Bouddha (VI ou Ve av. JC)

Le français Matthieu Ricard, moine bouddhiste tibétain, insiste : le bonheur passe par l’altruisme efficace.
Faire le bien d’autrui est le but que l’on se fixe.
Il ne s’agit pas d’en faire une obsession, sinon, on retournerait dans les travers des anciens schémas, mais de se fixer un but raisonnable, et que l’on suit, évidemment. En fait, il s’agit simplement d’offrir ce que l'on veut recevoir. Celui qui donne le bonheur devient riche du bonheur.

  • Se connaitre soi-même est absolument essentiel pour être heureux

Ne pas se juger, se pardonner les « erreurs » du passé, sont des tremplins précieux pour avancer.

  • « Le bonheur, c'est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles. » - Indira Gandhi

La cohérence est aussi une façon d’harmoniser ses relations, en particulier avec soi-même. Un manque de cohérence peut faire entrer dans le cercle vicieux de l’addiction, pour tenter de pallier au malheur inhérent au faux qui gouverne sa vie.

  • Une qualité dont notre société serait gagnante de bénéficier : le discernement. Il s’agit de faire le maximum de bien avec tout ce dont nous disposons, pour la santé, la justice sociale, et les 8 millions d’autres espèces animales.
    La crise du superflu que nous vivons depuis plusieurs décennies devrait être un tremplin pour l’humain et pour toute la société mondiale. Elle devrait nous faire comprendre que notre bonheur passe par une simplification de notre existence, qui passe par un effort personnel, en prêtant attention et en agissant pour le bien-être d’autrui.
    Cela renvoie aux notions du Bon, du Bien. Notions qui ne dépendent en réalité que de nous-mêmes.

  • En termes physique, le bonheur passe par la santé du corps, il est donc essentiel de lui donner ce dont il a besoin et non des aliments néfastes qui ne bénéficient qu'au système de récompense (toute l’Alimentation Bonheur & Santé sur lebienvivant.fr).

  • Pour ce qui est de l’âme, idéalement il faudrait être en mesure de lui offrir l’ataraxie (du grec ἀταραξία signifiant « absence de troubles »).
    Ce terme apparaît d'abord chez Démocrite et désigne la tranquillité de l’âme ou encore la paix de cette dernière résultant de la modération et de l’harmonie de l'existence. 
L’ataraxie devient ensuite le principe du bonheur dans le stoïcisme, l'épicurisme et le scepticisme. Elle provient d’un état de profonde quiétude, découlant de l'absence de tout trouble ou douleur.
    Pour la santé de l’âme, Démocrite prescrit également l’euthymie, une disposition idéale de l'humeur correspondant à une forme d'équanimité, d'affectivité calme et de constance relative des états d'âme.
    
Elle est le concept central des pensées morales de Démocrite, que ce dernier préconise comme règle de vie. Un idéal de constance sereine, de santé psychique. Dans son Traité des fins des biens et des maux, Cicéron appelle l'euthymie le « souverain Bien », alors que Sénèque préfère l'appeler tout simplement « tranquillité »


Le Yoga

Le Yoga est par définition de l’auteur de ses sutras, Patanjali : « la cessation des fluctuations du mental ».
La pratique du Yoga mène à une meilleure fluidité de l’énergie à l’intérieur du corps, elle en augmente aussi son niveau.
Elle donne au corps et à l’esprit l’occasion de s’unir (la traduction littérale du mot yoga est union), et permet à l’individu d’apprécier les autres, d’être créatif, et surtout de continuer de constamment progresser.



Pour résumer

Pour être fondamentalement heureux, je pense qu’il s’agit à présent de réaliser ce qu’est la vie et (donc) d'être dans le moment présent.

Nous sommes tous sur le même bateau, et si l’un de nous souffre, nous sommes tous en train de souffrir. Il s’agit donc de prendre nos responsabilités (nos réponses face à nos habilités) pour construire un monde meilleur, en faisant de notre mieux, qui est différent à chaque instant.
Comprendre que les attitudes contraires finissent par rendre malheureux est un immense progrès. Il s’agit à présent de comprendre les conséquences de nos choix en aidant nos voisins, en portant attention à notre alimentation, et évidemment, à nos pensées.

Le bonheur dépend de conditions perçues comme positives, ce qui n’est pas le cas de la paix intérieure.
Celle-ci se manifeste pour de bon lorsqu’on est à même d’accepter la vie dans son intégralité, et de réussir à la voir d’une façon non binaire. Accueillir le plaisir comme la souffrance, et profiter de chaque instant sans être dans la nostalgie du passé, ni dans la peur du futur, le passé et le futur étant « impossibles ».

Profitons de chaque instant présent. On dit d’ailleurs en yoga que chaque respiration conscientisée est un moment de bonheur.

 

#passioncitations

« Le plaisir peut s’appuyer sur l’illusion, mais le bonheur repose sur la vérité » - Chamfort (1741-1794)

« Regarde bien à l’intérieur de toi, c’est là qu’est la source intarissable du bien » - Marc Aurèle (121-180)

« Le bonheur ne s'acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences, chacun d'entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son coeur. » - Proverbe Africain

 

  • Les accords toltèques, Don Miguel Ruiz (1997
  • Le pouvoir du moment présent, Eckhart Tolle (1997)
  • Robert Lustig : neuroendocrinologue : The Hacking of the American Mind: The Science Behind the Corporate Takeover of Our Bodies and Brains (2017)
  • Le travail de Matthieu Ricard (1946 - )